Bienvenue pour le 2e numéro de ma série : [ 3 Lectures sur ] !

Aujourd’hui, est mis à l’honneur le thème du :

– JAPON –

Pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, je suis une grande amoureuse des auteurs asiatiques, et plus particulièrement des auteurs japonais. Pour moi, chaque phrase, chaque mot, est choisi avec un grand soin. C’est profond, troublant, sensiblement émouvant et souvent, cela me procure une sensation de flottement et d’évasion que j’ai très peu connu avec d’autres auteurs.

Je te propose donc 3 romans qui offre un contexte et une vision du Japon différentes les unes des autres et dont la plume est aussi onirique et sensible que profonde.

1. Les 7 roses de Tôkyô, Hisashi INOUE, publié chez Philippe Piquier, 976 pages, 2014.

Tokyo – avril 1945 à avril 1946. Un fabricant d’éventail tient son journal intime. Il relate ainsi sa vie quotidienne quelques mois pendant la guerre puis sous l’occupation américaine. Privé de son travail, il doit nourrir et protéger sa famille. On découvre alors le Japon sous un jour que je ne connaissais pas et qui doit lutter contre les Américains. La population civile voit tout s’effondrer autour d’elle et on est plongé dans les difficultés, les combines aux marchés noirs, la séduction, la trahison, les lâchetés, les temps difficiles, les actes de bravoures, les pauvres moyens de celle-ci mais, avec beaucoup de hargne, d’espoir et d’intelligence.  Les tares de l’occupant sont également des sources inépuisables de moquerie. L’auteur trace un portrait très réaliste, touchant et ironique du quartier et de ses habitants. J’ajoute également que c’est écrit avec un humour particulièrement fin.

Et puis surprise ! Dépasser les presque cinq cents pages, une dimension supplémentaire s’ajoute à l’histoire. Frôlant le roman d’espionnage, on y retrouve de la vengeance, du sacrifice de soi, des situations fascinantes, des stratagèmes stupéfiants. Nous voilà au cœur d’une situation qui m’a surprise car, elle m’était totalement inconnue et hors norme mais, qui m’a passionnée ! Après la capitulation japonaise, les États-Unis gouvernaient le Japon et avait pour tâche de réformer la langue japonaise (les kanjis notamment) pour faciliter les échanges culturels, afin de rendre l’apprentissage de cette langue plus facile aux étrangers (bonjour la bêtise et l’orgueil des vainqueurs…). Les faits sont criants de réalités et de véracité. Malgré les drames dont le roman est parsemé, tout respire l’espoir, la volonté et la détermination des Japonais.

J’ai, cependant, un seul point négatif qui m’a beaucoup perturbé dans ma lecture (et rien à voir avec l’épaisseur du livre !) : L’auteur à intégrer des documents, des courriers et surtout d’innombrables articles de journaux (retranscrit mots pour mots !). C’était une facette très intéressante car, cela nous plonge totalement dans l’histoire, mais j’ai eu du mal à tous les assimilés sans perdre le cours de la trame narrative.

Les 7 roses de Tokyo aura été un plaisir de lecture. Certes, je crois que c’est le premier livre qui m’a donné autant de fils à retordre pour en arriver à la fin mais, c’était une découverte incroyable. L’écriture reste simple, véridique, drôle, tendre et passionnante. En savoir plus sur le côté japonais de cette fameuse seconde guerre mondiale aura été exquis.

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2. L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, Haruki MURAKAMI, Éditions Belfond, 368 pages, 2014.

Tout commence à Nagoya. Ils étaient cinq amis inséparables, un peu surdoué sur les bords avec chacun une couleur dans leurs noms de famille : Rouge, Bleu, Blanche et Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur. Du jour au lendemain, ceux-ci coupent les ponts et lui demandent de ne plus chercher à les contacter. Le temps passe, seize années qui défilent sans que Tsukuru ne demande jamais d’explications. Et puis Sara est entrée dans sa vie et comprenant que cette histoire le hante, va l’inciter à élucider le mystère de cette rupture amicale.

Comme à son habitude, H. Murakami navigue entre le réel et le fantastique. Il n’y a pas vraiment de chronologie, mais pour une fois, ici, les deux sont bien distincts. Cela nous offre des moments de réflexion et d’une grande profondeur sur la vie de façon très onirique et poétique. Il vas sans dire que c’est un livre sur la quête de soi, une quête identitaire d’un homme profondément blessée qui continue de vivre, ou plutôt survit. Comme une sensation d’être en pilotage automatique. En effet, son quotidien se déroule de façon très banale. C’est souvent le cas dans les œuvres de Murakami. C’est une de ces grandes forces, d’arriver à faire ressortir autant de fond à quelque chose qui est à première vue ordinaire.

Les thématiques abordées sont les études, la réussite sociale, l’amitié, l’amour, la sexualité, la mort mais aussi le voyage. On peut également apercevoir les différentes manières d’être au Japon, les mœurs, les relations, la communication, la place de la famille, le folklore, etc. Le roman est bien ficelé, avec un rythme tranquille. H. Murakami a construit de vrais personnages avec une réelle profondeur et une psychologie plus que réussis. L’ambiance même qui ressort de l’oeuvre est très finement décrite et bien ancrée dans la réalité. Il y a également beaucoup de nostalgie, de tristesse et de solitude qui traversent l’histoire. Néanmoins, il y a surtout une très grande force positive qui pousse à aller de l’avant, à se laisser apprivoiser par les sentiments, à s’ouvrir aux autres et à vivre pleinement.

L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage est une des œuvres les plus aboutis de H. Murakami. Un récit touchant, profond, qui soulève avec force le poids des non-dits.

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3. Sous un ciel nouveau, Kei FUJII et Cocoro HIRAI, Éditions Ki-oon, Collection Latitudes, 240 pages, 2018.

Sous un ciel nouveau est un recueil contenant 4 nouvelles :
Sous un ciel nouveau
Le gant de Baseball de maman
Un bel enfant
La dernière leçon.

Je ne voudrais pas trop vous en dire pour ne pas gâcher le plaisir mais ici, ce sont des tranches de vies qui nous sont compté. Juste des vies ordinaires avec ces thèmes universels que sont la famille, l’amour, la vie, la mort, les petits tracas du quotidien, ces joies et ces peines. Le tout respire la sobriété et la bienveillance. Cela nous permet d’avoir un aperçu du quotidien de ces japonais et de mieux comprendre leurs environnements, leurs coutumes et traditions, mais aussi leurs façons d’interagir entre eux et avec les autres.

J’ai tout simplement adoré ces petites histoires, même si certaines sont plus puissantes émotionnellement parlant que d’autres. Graphiquement, c’est très soigné. Il y a de la maîtrise, mais aussi un côté bien ancré dans la réalité et beaucoup de chaleur humaine. C’est une oeuvre riche en émotions, loin des standards classiques du manga comme on a l’habitude de voir.

En plus de la qualité de l’oeuvre, il faut reconnaître que les Éditions Ki-oon on fait un très beau travail sur l’objet livre : une couverture à rabat, des premières pages colorés, un papier de qualité et un dessin de couverture qui s’incorpore parfaitement au reste du livre. Je pense sincèrement qu’il pourra plaire à un très grand nombre malgré l’intensité plus ou moins fortes des nouvelles.

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Quelques questions pour finir :

Vous connaissez ces œuvres ?

Vous les avez déjà lu ou au contraire, vous avez envie de les lire ?

N’hésitez pas à en discuter en commentaires !

2 commentaires sur « [ 3 LECTURES SUR ] – Le Japon »

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